C'est allucinant de constater comme la plupart des gens sont incapables d'argumenter. On voudrait bien leur dire qu'ils ont tord, mais on constate rapidement qu'ils sont tellement crétins, que peu importe la logique de nos arguments, ils trouveront toujours une absurdité insignifiante à nous exprimer qui détruira tout le bien fondé de ce qu'on pourrait tant bien que mal essayer de leur expliquer. C'est comme de se cogner la tête sur un mur de béton ; on aimerait bien remettre le coup, mais on ne réussit pas à trouver une cible convaincante(au contraire de quoi on risque de se faire rudement mal). C'est désarmant et frustrant. Alors, plus pour me défouler que pour oser vous faire la morale à vous, chers lecteurs avisés, j'exposerai ici quelques règles toutes simples concernant l'art d'argumenter intelligemment et efficacement.
D'abord, n'oublions pas que l'argumentation est une discipline sérieuse qu'il ne faut pas prendre à la légère et qu'en ce sens, elle se doit d'être pratiquée régulièrement. Ajoutons que c'est avec le temps qu'on parvient à développer son talent. C'est un peu comme l'improvisation. Un bon improvisateur aura plusieurs années derrière la cravate et pratiquera son art le plus souvent possible.
Par contre, faite bien attention! Comme sur le champ de bataille, il faut savoir choisir son combat. Sinon, c'est le jugement des autres qui risquent de nous mettre au tapis. En effet, si on passe dans la catégorie des enquiquineurs ou des obstineux, c'en est fini de notre capacité à convaincre l'adversaire. Ainsi, tout réside dans l'équilibre entre l'acceptation des idées des autres et l'exposition des nôtres, quand elles valent la peine qu'on les défendent. À suivre...





6 commentaires:
wow, moi j'ai réalisé quelque chose dans les dernières années : "les gens se laissent convaincre quand ils sont prêt"
Peu importe comment j'essais de convaincre quelqu'un de droite que ses certitudes sont fragiles, si il ne veut pas se laisser convaincre, ca me sert à rien d'essayer. (Même un docteur, imagine)
Je suis d'accord. Par contre, selon moi, un esprit ouvert cherche toujours à raffiner ses perceptions des choses. En ce sens, il sera à l'écoute des propos des autres, peut-être souvent à l'opposé de ses propres idéologies, et parviendra, non pas toujours facilement, à prendre ce qui lui semble faire le plus sens. En fait, par ce petit billet, je dénonce plutôt le crétinisme, si je puis me permettre d'inventer un mot, qui pousse certaines personnes à confondre argumentation et entêtement inutile. Résister en appui à ses propres convictions est tout à fait louables, sinon nécessaires à tout esprits libres, mais le retranchement dans des phrases non-réfléchis ou partisanes n'influencera que celui qui est déjà - ou presque - vendu à la cause. En ce sens, il est vrai que les gens se laissent convaincre lorsqu'ils sont prêt à entendre ce que nous arguons. Malheureusement, trop de gens mélangent bien-fondé de leur opinion et fierté personnelle. On tombe alors dans une confrontation gagnant-perdant au lieu d'avoir un échange riche et constructif. Je suis persuadé que argumenter est un art qui s'apprend et qui est tributaire de plusieurs habiletés sociales. Il n'est donc pas pratiqué correctement par l'ensemble des gens et c'est ce que je dénonce dans mon billet. Ceci dit, on peut avoir l'art en nous et ne pas convaincre l'imbécile heureux d'à côté. Il faut donc choisir nos partenaires.
haha, my god, j'ai l'impression qu'on pourrait avoir une longue conversation constructive entre deux esprits ouverts la dessus. J'admire cependant l'attention religieuse que tu mets dans l'art d'écouter et de se faire écouter.
J'ai l'impression cependant, et j'aimerais entendre ce que tu pense de ca, que la clef de tout ce que tu dis est dans cette courte phrase : "trop de gens mélangent bien-fondé de leur opinion et fierté personelle"
Tu vas reconnaitre le Latourisme (si je peux me permettre de fondé un nouveau mouvement phylosophique) dans ce que je vais dire : Je crois que la dicotomie entre la fierté personnelle, le bien-fondé d'une opinion et la réalité objective des choses est innéxistante dans les faits. Je m'explique :
Toutes nos croyances, ce que l'on pense vrai et la vérité de notre vie est basée sur notre experience de la réalité. (avec peut-être 1% de faits scientifique qu'on interprette souvent tout croche de toute facon) Tu connais surement l'allégorie de la caverne? Eh bien je crois qu'une personne ne peut pas completement admettre une réalité completement différente de la sienne. C'est à dire qu'un homme qui regarde le fond de SA caverne ne peut pas savoir ce qu'il y a dans le fond de celle de l'autre. Ce qui fait en sorte que la seule facon de vraiment être convaincu que ce qu'il y a en dehors de la caverne est bien ce que l'autre dit est de voir l'ombrage se projeter dans le fond de sa propre caverne.
En d'autre terme, le fait d'argumenter est simplement l'Acte de dire à l'autre ce qu'il y a au fond de notre caverne, avec le plus de fidelité possible.
Cela étant dit, le processus dans lequel un être humain admet pleinement une autre réalité (répond positivement à ton argumentation) est à la fois conscient et inconscient. J'ai souvent vu quelqu'un ne pas admettre consciement que j'Avais raison mais je crois que quelque chose que j'Ai dit l'a alors convaincu inconsciemment. Et, dois-je le preciser, ce n'étais pas une question de fierté. Et le contraire est vraie aussi, j'ai souvent argumenté avec quelqu'un et gagner l'argumentation, la personne admet qu'elle avait tord mais une semaine plus tard je réalise qu'elle n'avait pas du tout comprise. J'avais peut-être convaincu la personne consciement, ou si tu veux sa raison, mais une fois que je n'étais plus là pour défendre ma version de la réalité, elle se convainquait elle-même que c'étais faux parce qu'au fond elle voyait toujours le même ombrage au fond de sa caverne, tu vois?
Certaines personnes, comme toi, ont la posibilité de se laisser convaincre véritablement en parlant directement au conscient, à la raison. Mais, d'autre personnes, moins rationelles, (on pourrait rajouté plein de terme péjoratifs ici comme jalousie, fierté mal placée, etc. Mais je préfère dire "moins rationelle") n'ont pas cette posibilité. Pour les convaincres, il faut donc parlé à l'inconscient, à l'âme, si tu veux, pour les convaincres.
Je peux donc t'expliquer, à toi, si je suis assez fidèle à ce que je vois vraiment au fond de ma caverne, ce que je vois. Tu vas me croire si ca l'a du bon sens. Cependant, pour certains sujets et certaines personnes il faut dire la chose qui va être subtil et n'Aura pas beaucoup d'importance sur le moment mais cette chose va comme pousser ce qui se trouve entre le soleil et l'entrée de ma caverne devant sa caverne. Cette personne réalisera donc plus tard que j'avais raison...
J'aimerais savoir ce que tu en penses? Je crois que ce sujet mérite dicution (pas argumentation mais bien discution) ;)
à bientot mon cher ami!
Francis Latour
L'allégorie de la caverne sert très bien en effet l'échange - intéressant, il faut le dire - que nous sommes en train de faire sur la question de l'argumentation. Il existe effectivement un triangle entre ma perception de la réalité (mon interprétation de celle-ci), la perception de mon voisin et la réalité dans toute sa pureté innacessible. Ainsi, si j'adapte mon propos à l'allégorie de la caverne, cela reviendrait à dire que pour être prêt à accueillir de manière satisfaisante la perception de mon voisin, je dois analyser les ombres qu'il dessine sur le mur de ma caverne en sachant consciemment que cette dernière n'est que le fruit de ma propre ignorance. Je dois être prêt à accueillir ses ombres comme une pioche qui me permettrait d'agrandir l'espacement de ma caverne et me rapprocher ainsi du soleil.
On peut penser que l'autre a tort, mais on doit chercher à comprendre pourquoi, selon notre perception des choses nous le croyons. En fait, c'est une question de partage, de réflexion, de compréhension, de critique, d'analyse et d'humilité.
En fait, argumenter, ce n'est pas convaincre, c'est débattre. Je peux dire que tu as tort, comme je le mentionne d'ailleurs dans mon billet, mais tu peux toujours me convaincre que c'est moi qui me trompe. Par contre, prennons garde, car c'est la pertinence de tes propos et des miens qui seront le moteur de la discussion ou du débat. Si tu te limites à voir les murs de ta caverne comme des murailles d'or, mes ombres ne pesèront peut-être pas assez lourde dans ta balance.
Au contraire, si tu es conscient d'ignorer la vérité, comme tout le monde, tu auras probablement l'esprit plus réceptif et plus critique.
Fidèle à ce que dit Socrate, je pense donc que de savoir qu'on ignore est souvent la clé de l'esprit libre. En effet, pourquoi aurais-je plus raison que l'autre?
C'est le petit côté que je n'ai pas trouvé dans ton dernier commentaire. Où s'y trouve les moments où ta propre caverne t'a semblé avoir besoin d'un réaménagement? En fait, comment peut-on dire que l'on a vraiment raison au point de prendre le partie d'attendre que l'autre se rendre à la raison et s'ouvre enfin à la vérité (je fais peut-être ici de l'interprétation...à toi de me le dire)? Cependant, un bon voisin de débat saura m'en convaincre, complètement ou partiellement non en projetant les ombres de sa puissance ou de sa valeur, mais bien en TENTANT de projetter le fond de sa propre caverne, pioche en main au cas où c'est lui qui aurait à creuser. Sur ce point, je crois que nous sommes d'accord (fierté personnelle vs bien-fondé).
Pour les points de vue complètement différents, je peux être en désaccord avec celui que l'autre me propose tout en cherchant à le comprendre et c'est à ce moment que cette "chose" que tu mentionnes poussera sur le sol entre le soleil et ma propre caverne. J'utiliserai alors peut-être la pioche, même si, pour l'instant, ce n'est que pour enlever un petit caillou.
En gros, c'est en regardant l'attitude de l'argumentateur qu'on connait bien la portée de son talent et non selon son taux de succès, sa force de caractère ou la grosseur de ses bras ("Tu sauras le jeune que j'ai raison, ça fait dix ans que je travaille icitte, c'est pas toi qui va m'apprendre ma job certain!"). J'espère que mes pensées sont clairement exprimées et sans ambiguïtés après une journée de plein-air passée avec des jeunes mouvementés après une nuit de trois heures de sommeil! :) Au plaisir de ta réponse, cher ami!
Le piège la dedans c'est de voir une ombre au fond de la caverne et de cesser de regarder le fond en se disant : "Ca y est, j'ai tout compris". C'est un piège dans lequel énormement de gens tombent. Car, le soleil reste stable mais ce qui passent entre le soleil et le fond de ta caverne bouge. Si tu es assez ouvert d'esprit pour continuer à regarder le monde avec tes yeux d'enfants tu verras que tout change constemment. Ta caverne n'a donc pas besoins de réamenagements puisque les objets mouvant s'occupent de réamenager ta réalité (que tu le réalise ou pas / consciemment ou pas)
("Tu sauras le jeune que j'ai raison, ça fait dix ans que je travaille icitte, c'est pas toi qui va m'apprendre ma job certain!").
1. Non, tu ne peux pas car il a cessé de regarder le fond de sa caverne depuis fort longtemps.
2. Non tu ne peux pas car il regarde le fond de sa caverne seulement aux moments où il a la chance de voir ce qui le rend heureux.
3. Non tu ne peux pas car il regarde le fond de sa caverne mais comprends tout croche (il est miope)
4. Non tu ne peux pas car tu ne regardes pas le fond de ta caverne.
5. Non tu ne peux pas car tu regardes pas assez souvent le fond de ta caverne et ta vision partielle de donne une fausse image de la réalité, tu crois comprendre mais tu ne comprends pas.
6. Non tu ne peux pas car vous regardez tous les deux le mur droit ou gauche et pas le fond.
7. Non tu ne peux pas car que tu regardes ou pas, tu crois savoir la réalité et tu ne la connais pas.
8. Non tu ne peux pas car...
bref, je peux continuer comme ca longtemps. Tout joue contre l'argumentation avec un résultat véritablement valable (que l'on peut prendre comme du cash).
Tu ne peux que parler à l'autre, il faut comprendre que tu es seul dans ta caverne et que tu ne peux qu'utiliser un canal de communication imparfait (effet téléphone).
Je crois que l'argumentation est un peu comme regarder les nuages et deviner des formes. Tu peux expliquer à l'autre tant que tu veux, il devra voir dans les nuages ce que tu dis et encore ca ne sera qu'une version des choses. (chaque caverne ayant son angle propre)
l'argumentation n'est qu'une recherche mutuelle de la vérité. Tant qu'il n'y a pas recheche mutuelle de la vérité, ce n'est qu'un monologue, un soliloque.
Je crois profondemment que le fait de croire détenir la vérité est illusoire, que tu accompagnes cela d'un discours légendaire ou d'un simple "ferme ta yeule". La seule chose intelligente à faire, à mon avis, est d'essayer de décrire le mieux possible le fond de sa caverne.
Ce qui est mal, dans ta citation, c'est le refus d'écouter qui est en même temps le refus d'essayer de se comprendre. Ce qui est triste alors, c'est d'avantage l'homme qui énonce cette bêtise. La réalité pure ne souffre pas des hommes.
Des fois j'essaie de m'arrêter, arrêter complement de décrire le fond de ma caverne. Car, si personne ne t'écoute, rien ne sert de parler. Le mieux à faire c'est d'écouter. Fait parler l'homme de ta citation, sans rien dire, sans rien deviner. Tu apprends.
Pourquoi je ne peux t'en apprendre sur ta job?
Est-ce que tu aimes ta job?
Explique moi, au juste, c'est quoi ta job?
J'ai réaliser que souvent ce genre de discours n'est pas un manque de talent à la communication, c'est en réalité seulement un "non, je ne veux pas te parler" maladroit :)
qu'est-ce que t'en pense cher ami?
Francis Latour
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