Comment peut-on éviter de tomber dans le piège de la consommation? Question simple. Réponse compliquée. Depuis que je suis petit, mon argent fond, se dilapide, disparaît, s'écoule, se dépense et se perd. Mais elle ne s'empile pas. Pas plus qu'elle ne fructifie. Pourquoi? À chaque fois que j'ai été sur le site de mon institution bancaire, cette question me turlupinait. Par contre, récemment, la réponse est tombée comme un couperet : parce qu je suis un consommateur. Rien de moins. Aucune justification, pas de raison valable, juste un triste constat.
Pour bien comprendre ce mal qui me ronge, comme tant d'autres, commençons par disséquer cet étrange humum consommallus. Comme toute bonne espèce qui se respecte, le consommateur se subdivise en plusieurs sous-catégories. Il y a le compulsif. Celui-là rentre souvent dans une boutique sans savoir ce qu'il veut. La seule chose dont il soit sûr, c'est qu'il ressortira avec un produit. Parfois inutile, mais souvent non essentiel. À certaine occasion, un consommateur plus raffiné appartenant à cette catégorie sentira qu'il ne doit rien prendre, qu'il est mieux de partir avant qu'il soit trop tard, mais il se demandera encore ce qui s'est passé lorsque qu'il déballera un nouveau DVD une fois rendu à la maison. Gare à celui qui voudra le juger, car un argument fracassant, tranchant comme un rasoir sortira de sa bouche comme un chevalier dégaine son épée du fourreau : "Il était en spécial, j'étais quand même pas pour le laisser là."
Il y a aussi le consommateur assumé. Dépensier? Oui, mais l'important c'est qu'il l'assume. Ce type d'acheteur s'arme souvent de petites philosophies forts judicieuses pour sa condition comme "je préfére me gâter maintenant que de me retenir toute ma vie pour mourrir d'un accident avant d'avoir pu en profiter". La plupart du temps, ce consommateur est condamné à être aveugle de sa médiocrité. Pauvre petite bête!
N'oublions pas le consommateur pratique, s'il en est. Celui-ci est pleinement conscient de sa condition. Il se peut qu'il se soit même battu pour la changer. Cependant, pour qu'il appartienne à cette sous-catégorie, c'est qu'il a dû jetter les armes aux pieds de Jule Césars. Alors, pour que sa défaite ne soit pas trop amère, il a décidé de consacrer un côté pratique à son vice. Il fera le bonheur des commerçants, assurément, mais toujours pour des produits nécessaires.
N'oublions pas le pire de tous : le gratteux. Il dépense son argent, ça oui. Je vous entend arguer tout haut : mais comment peut-il être gratteux s'il jette son argent par les fenêtres? Et bien, rien n'est jamais simple. Tout réside dans les raisons de ses dépenses. Pour des biens personnelles, il aura toujours quelques dollars en trop. Par contre, lorsqu'il s'agit d'un cadeau pour un ami ou, pire, pour sa conjointe, ses moyens deviennent soudainement plus limités. Les cents se serrent dans les poches du pauvre consommateur, de peur d'être utilisées pour les mauvaises raisons. Il ne faudrait sûrement pas qu'il soit à cours pour le nouveau jeux vidéo qui vient tout juste de sortir. Et peu importe s'il n'aura pas le temps de jouer de toute façon. Bref, c'est l'intention des dépenses qui caractérise ce type de consommateur qui est - n'ayons pas peur des mots - un grand hypocrite concernant sa capacité financière.
Tous ces consommateurs, je les connais bien puisqu'ils ont chacun laissé leur marque sur ma propre personne. Peut-être existe-t-il d'autres catégories dont j'ai négligé ici la description? Ce n'est pas le plus important. Ce qui me préoccupe davantage, c'est de jeter à la poubelle ces vieux schèmes de dépense et de passer à une autre étape d'harmonie financière. Un nouvel épisode de vie qui, je le souhaite, laissera place à une réalité beaucoup plus près de mes récentes préoccupations, tels l'achat d'une maison, l'éducation de mon enfant, la venu d'un ou d'une autre et la préparation des imprévues à long terme.
À vous, autres consommateurs, je finirais en vous encourageant à faire la grève à la dépense. Laissez votre portefeuille dans votre poche. Ne le "dégainez" pas. Si votre main touche la texture râpeuse du cuir sous votre main, prenez un grand respire, dites vous que vous en êtes capable et retirer votre main tout doucement. Allez ensuite porter le produit sur la tablette et dites vous que ce petit geste vous aura permis d'économiser de l'emballage, d'être écologique par le principe que le produit en question ira dans des mains peut-être plus avisées et que l'argent sauvé du naufrage suffira peut-être à éclairer le visage de votre conjoint ou de votre coinjointe d'un magnifique sourire.





1 commentaires:
moi je suis un autre type que t'as oublié dans ta description, le "I don't fucking care". C'est le genre de consommateur qui ne se laisse pas guider par l'argent, parfois généreux, parfois gratteux, dans les cadeau autant que pour lui-même. C'est le genre de personne qui n'aime pas l'argent proprement dit et qui recherche seulement le bonheur. Parfois certaines personne dans leur empressement au jugement vont le foutre dans une des catégories que tu as décrit plus tôt mais en réalité, leur seul malheur, c,est d'avoir été là dans une ou l'autre de ses épisodes de "I don't fucking care". Est-ce qu'on peut ne pas aimer l'argent??
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